VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

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Laurent
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VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par Laurent »

VI à Saint-Jean-La-Vêtre, Monts Forez

Préambule :
Les dix participants inscrits sont motivés. Après nos repérages de traces, nous planifions trois sorties d’une cinquantaine de kilomètres (de 1500 à 2000 mètres de dénivelé positif chacune). Il est temps de préparer nos vélos, de nous mettre en condition physique et de peaufiner notre technique. Nous enchaînons les sorties clubs et extérieures. Nous faisons la révision de nos montures : changement de chaîne, de cassette, de pneus… et des plaquettes de frein (descentes périlleuses en perspective !).
Préambule « personnel » :
Mardi 16 mai, catastrophe ! Je chute en VTT. Dérapage sur du sable dans la cour de récréation avec mes élèves. Superbe « soleil » ! Ma participation est remise en cause. J’espère un rétablissement rapide pour pouvoir participer avec mes copains.

Chapitre 1 : Mercredi 24 mai, le départ
Les vélos ont été déposés chez Dominique quelques jours avant, afin de les installer sur la remorque du club.
Le rendez-vous est donné chez Fixo. Le barbecue fume, les saucisses et le canard apportés par Jean-Jacques sont délicieusement préparés. Nous chargeons les voitures puis le départ est donné. Destination : Saint-Jean-La-Vêtre dans les Monts Forez (Auvergne).
Pascal, Clément et Christophe prennent place dans la voiture de Dominique. Jean-Jacques opte pour se faire conduire par Fixo. Eric, Jérôme et moi prenons place dans la voiture de Fred. Entre le matériel d’entretien des vélos et nos bagages, les coffres sont pleins.
Nous voici partis pour 5h de voyage.
Le voyage est agréable. L’ambiance dans les voitures est joviale. Nous observons les paysages avec des envies d’évasions en vtt : les plaines de la Beauce, les forêts de la Sologne, celles du Berry, le Bourbonnais qui nous indique que nous arrivons en Auvergne, le Puy-de-Dôme et son magnifique relief, Le Livradois puis enfin les Monts-Forez.

Nous voici arrivés au VVF. Dominique nous indique qu’il ne reste que 40km d’autonomie d’essence dans sa voiture… Qui poussera ? (pas moi…je suis en convalescence !).
Nous nous installons dans les deux appartements et plaçons nos VTT dans le local prévu à cet effet.
Nous prenons connaissance du programme du lendemain : une boucle de 70km vers le sud, avec passage dans la station de ski de Chalmazel et l’ascension de Pierre-Sur-Haute (1700m de dénivelé prévu).
Pour se préparer à cette journée sportive, il nous faut recharger les batteries. Clément nous a trouvé une petite auberge pour manger « tranquilles », typique du coin. Nous partons donc pour l’auberge « Le buron de la coudaire ». Les GPS des voitures s’affolent, nous font faire demi-tour, nous envoient vers des chemins de terre. Trouver l’auberge sur les crêtes des Monts-Forez, à 1100m, n’est pas si simple !
Enfin, nous arrivons chez Bernard et Marie. Un ancien corps de ferme face à un panorama magnifique. L’entrée dans le restaurant se fait par la cuisine ; Marie est aux fourneaux, Bernard nous accueille dans son logis.

Chapitre 2 : Chez Bernard et Marie

Nous voici installés chez de purs auvergnats de soixante-dix ans sonnés. Vêtus de blouses blanches, nos hôtes sont très atypiques. Marie est très discrète et contre balance l’exubérance de Bernard. Ce dernier, cheveux blancs et attachés en chignon, longue barbe, teint pâle et mains tremblantes, a un contact plus que particulier avec ses clients. Cet homme bourru, au franc parlé, prosaïque, voire vulgaire, qui se donne l’air misogyne, un brin mythomane, qui menace de sortir le calibre 12 à tout bout de champs (gare à celui qui ne dit pas merci, ne finit pas son assiette ou son verre de vin). Il ne s’abstient pas, à travers ses histoires, ses interjections, à blesser la pudeur de celui qui en éprouverait. Il hèle, aboie sur Marie qui s’exécute sans broncher. Il nous chante pouilles autant qu’il chante comme une casserole lorsque Marie s’assoit à son piano désaccordé. L’ambiance est glauque dans cette écurie aménagée, décorée d’objets insolites, digne d’un film d’épouvante.
Le repas ? C’est vrai que nous sommes venus pour manger, mais on l’oublierait presque face à ces personnages ! Le repas est divin !
Charcuterie bio maison (« ce n’est pas du plastique, c’est du boyau de gendarmes ! »), pavé de veau bio (épais de 8cm), avec des patates au sabot (pomme de terre au four accompagné d’une succulente crème à l’échalote). Combien de bol de crème à ton actif Jean-Jacques ? 2 ou 3 ?
Nous attaquons ensuite le plateau de fromages … bio, bien entendu. Fourme d’Ambert et fourme de Montbrison, brique du Forez. Le plateau, sorti des entrailles de la cave, empli de ses arômes la salle. Jérôme se délecte de ses laitages bio et s’aperçoit ne plus avoir de papilles … en fait, il a dit quelque chose du genre : « P.... ça arrache la G… son bio ! »
Desserts variés préparés par Marie (tarte aux myrtilles notamment). Puis vient l’heure du café et du (des) digestif(s). Bernard sort de son coffre des bouteilles maison … et bio, dont le contenu, dit-il, nous aidera à gravir les cols : alcool de verveine, d’acacia, de poires... On s’attend à ce qu’il nous sorte la fameuse bouteille avec le crapaud dedans.
La conclusion de ce dîner … méfiez-vous du bio, ça peut laisser des traces !
Retour au VVF avec la consigne de se retrouver à 7h30 au petit-déjeuner. Le sommeil fut réparateur pour certains et mouvementé pour d’autres.

Chapitre 3 : jeudi 25 mai, La Pierre-Sur-Haute … mais elle est haute cette pierre !
Le petit-déjeuner englouti, nous préparons nos montures pour ce premier grand jour. Au programme, 70 km, 1800m de dénivelé, passage par Pierre-Sur-Haute et le col du Béal. Les sacs sont chargés de victuailles, les gourdes et poches à eau remplies: l’effort est prévisible, les points de ravitaillement sont rares.
Nous sortons du centre d’hébergement (884m) et commençons par une petite grimpette pour mettre en jambe et hop … 200m de dénivelé positif. Je suis l’auteur de la première chute, le vélo se cabre et je me retrouve sur les fesses. Nous grimpons à travers les pierres, les ruisseaux, les racines. Les franchissements ne sont pas aisés, mais nous passons le col des Placiaux (1153m) pour continuer dans la forêt jusqu’au Haut du Colombier (1227m). Nous plongeons alors dans la vallée où les bovins, très peu habitués aux passages, font la courses avec nous.
10h30, nous faisons une pause alimentaire. Seulement 12km de parcourus ! Des paysages et des parcours qui nous laissent impatients de découvrir la suite. La traversée des bois, des pâturages, des cours d’eau s’enchaînent ; toujours avec ces superbes panoramas.
Nous montons alors jusqu’au refuge de Chapouilloux (1355m) pour y faire notre pause déjeuner. Adossé au chalet d’alpage, nous mangeons nos salades composées. L’endroit est magique : nous nous trouvons à nouveau dans une carte postale. Bien que nous ne sommes pas dans le bon massif, nous nous attendons à voir surgir Heidi accompagnée de son grand-père !
Nous n’en sommes qu’au 25ème kilomètre de notre sortie. Il est temps de reprendre les vélos. Nous attaquons cette longue ascension dont Dominique nous parle depuis le matin. Mais il nous promet également une descente de 15km pour finir…
Nous passons les remontées mécaniques de la station de Chalmazel. Nous rencontrons quelques bergers en train de préparer les pâturages qui accueilleront prochainement les troupeaux. Les antennes militaires de Pierre-Sur-Haute nous font de l’œil, elles paraissent proches, mais semblent pourtant inaccessibles. Ça grimpe, encore, et encore. Les jambes brûlent. Nous passons des portions d’herbage où le mental est essentiel pour ne pas mettre pied à terre. Le sommet se rapproche, un pierrier, un ruisseau, un plateau, puis c’est la montée finale. 1631m, Pierre-Sur-Haute. Il est indispensable de manger un peu. Nous contournons les antennes avant de plonger vers le col de la Chamboite (1483m) puis le col du Béal (1387m). Nous poursuivons notre descente vers le VVF. Mais ce n’est pas si facile : de brèves portions montantes s’enchaînent. Parfois, nous sommes contraints de réaliser du portage. Nous rejoignons le col de la Loge (1252m). Un dernier « coup de cul », puis c’est la plongée finale vers le centre d’hébergement : passage de racines puis d’éboulis de roches. Certains se grisent dans cette portion très technique, d’autres sont plus prudents et jaugent le terrain avant de se lancer. A l’arrivée, nous sommes tous ravis de la performance réalisée pendant cette journée.
Ce qui est fabuleux dans ces VI, c’est la bienveillance de tous. Nous sommes à l’écoute de chacun. Quel plaisir de rouler en groupe, s’encourager, s’entraider et bien sûr s’amuser.
Nous prenons le temps de nettoyer les vélos, puis du temps pour nous détendre, autour d’un apéritif.
Clément, notre organisateur gastronomique, a réservé une table à l’Auberge du Trinquart, dans la ville de Vollore-Montagne. Les appétits sont gargantuesques. Les truites de l’élevage du village sont appétissantes.

Chapitre 4 : Vendredi 26 mai, sur les traces de la Bois Noirs Oxygène

Le réveil est difficile ce matin. Les jambes sont lourdes des efforts engagés la veille. Mais nous ne faiblissons pas, nous nous tenons au parcours de 45km et de 1350 m de dénivelé.
Nous reprenons par la montée de la veille jusqu’au col des Placiaux. La chaleur est étouffante, les muscles et l’organisme ne répondent pas aussi bien.
Fred perd son grand pignon ! La montée, jusqu’à Pierre-Sur-Haute, a eu raison de ses dents (les dents du pignon…pas celles de Fred). Il devra se contenter du braquet supérieur pour poursuivre la randonnée. Nous rejoignons alors le col de la Loge, déjà franchi lors de notre première sortie. Nous enchaînons alors les relances, les singles, les descentes, les « pétards ». Cette trace est très ludique mais également épuisante. Pascal fait preuve d’un énorme courage face à une fatigue qui le submerge. Nous décidons de nous arrêter pour manger. Mais où ? Nous devenons exigeants quand au choix du lieu du pique-nique: nous souhaitons retrouver une vue dégagée sur les Monts-Forez, et de l’ombre bien entendu. Nous finissons par nous installer près d’une maison en rénovation. Mais nous n’avions pas observé suffisamment les alentours ! Nous nous sommes posés à proximité d’une scierie. Raté pour la tranquillité propice à une sieste réparatrice.
Le départ est donné. La digestion va être rapide ! Nous nous sommes arrêtés au pied d’une ascension longue de 1,7 km et de 200m de dénivelé ! Heureusement la descente qui suit vient compenser.
Dans la descente du petit puy de Vérines, Eric, qui s’élance à faire rougir le onze dents, n’évite pas la roche qui se trouve sur sa trajectoire. C’est la pinçure. Le pneu arrière est à plat. L’arrêt est nécessaire pour la réparation.
Cette pause permet à Jérôme de réaliser une assistance mécanique sur le vélo de Pascal, qui, à son goût talonne de l’arrière. Jérôme nous montre ses talents de bricoleur ! Impossible de regonfler le pneu, qui de toute façon est à plat. La valve a cédé. Le passage du tubeless à la chambre est nécessaire pour que Pascal puisse poursuivre.
Nous reprenons nos virolets jusqu’à atteindre le fond de la vallée de Noirétable (662m), synonyme de raidards à suivre pour rejoindre les 880m d’altitude du centre d’hébergement.
Après l’entretien des vélos, nous profitons d’une pause détente aux spa, hammam et piscine suivie d’un apéritif.
Notre organisateur gastronomique en chef, Clément, a réservé une table à l’auberge du col du Béal. Le menu local est surprenant : Jambon au foin. Ce jambon est entouré de foin puis enfermé dans une pâte à pain avant d’être cuit au feu de bois. Quel délice !

Chapitre 5 : Samedi 27 mai, 9 cols ! Vous avez dit 9 cols !
Eric débute sa randonnée par une nouvelle réparation du pneu arrière. Quant à moi, je « gave » mon boitier de pédalier de dégrippant, il a des signes de faiblesse ! Et, Fred a définitivement perdu des dents !
Le départ est donné pour cette trace appelée le passage des 9 cols. La météo est encore une fois au beau fixe, il fait déjà chaud, nous remplissons nos bosses de chameaux à leur maximum.
Nous passons de nouveaux le col des Placiaux (1153m) et le Col des Sapeaux (1164m). Nous réalisons une descente rapide et grisante vers le col de Courbaret (1049m), puis le col de la croix des quatre jambes (1001m). Nous faisons une pause au lieu dit du Vernay (810m) en fond de vallée, où le paysage est à couper le souffle. Nous attaquons alors un mur qui nous mène au col du Las (987m). Nous nous amusons autour du puy de l’Essart, avant de passer le col de la Grande Roue (944m). Nous atteignons de nouveau le fond de la vallée et rejoignons le col du Las où nous ferons notre pause déjeuner. Les critères restent les mêmes : paysages magnifiques, ombre, herbe confortable. Le site choisi, par Jean-Jacques, répond à ceux-ci. Nous déjeunons face aux antennes de Pierre-Sur-Haute que nous avions gravies le premier jour.
Nous passons à nouveau au col de Courbaret et franchissons les courbes de niveau affichées par nos GPS pour atteindre, à travers les forêts, le col de la Croix Ladret (1046m), le col des Sapeaux, et enfin, tout en mordant le guidon, le col de la Loge (1252m).
Nous connaissons la descente qui s’annonce : technique dans les racines et les rochers jusqu’à l’arrivée au centre. Chacun y va à sa façon : le bon de sortie est donné, la descente est vite avalée. Personnellement, je compte plutôt les pavés, pour ne pas dire les rochers !
Nous arrivons tous à destination sans aucune casse matériel ni physique.
Faisons le compte, 9 cols ? Oui, ils sont tous là. Nous aurons parcouru un peu plus de 45km et monté 1300m.
Clément, on a faim ! Qu’as-tu prévu pour ce soir ? L’auberge de la vallée verte à Saint-Jean-La-Vêtre ? Allons-y !
Entre les aboiements de « Puzzle », les essais de la mobylette Peugeot 104 par les gamins du village, le match de rugby que le poste radio du cuisinier hurle, nous partageons quelques pizzas en entrées. Enigme mathématique : Comment partager 3 pizzas, entre 10 convives, n’ayant pas les mêmes goûts ? …
De succulents burgers nous sont servis (au fromage local bien évidemment). Dominique ne pourra finir le sien et envisagera même un retour à pied pour aider à la digestion. Ce repas sera aussi l’occasion de réfléchir au VI de l’année prochaine. Le jeudi de l’ascension est le 10 mai, le mardi 8 est férié, Limoges ? La Loire ???

Chapitre 6 : le retour des speedeures
Déjà dimanche ! Il est temps de penser au retour.
Les sacs sont bouclés, les appartements nettoyés, les vélos installés sur la remorque, le petit déjeuner avalé. Ne tardons pas trop, 5 heures de route … mais nous ne serons pas les seuls !

Epilogue
Je crois que je peux parler au nom de tous et dire que ce fut un plaisir de participer à ce VI.
C’est un moment où nous partageons des valeurs humaines telles que :
- la sincérité, la générosité et l’empathie,
- la simplicité, l’altruisme, la camaraderie et la bienveillance,
- l’encouragement, la détermination, l’accomplissement, la performance et la reconnaissance,
- le plaisir et la satisfaction.
Chaque participant a eu sa part dans la réussite de ce voyage itinérant.
Nous tenons à remercier plus particulièrement Dominique pour son dévouement, son sens de l’organisation et son enthousiasme. Il est à l’origine de la réussite de ce VI.
Bravo à tous, Clément notre sélectionneur de restaurants (arrivé devant moi au col de la Loge !), Pascal le courageux bizut, Jérôme (en pleine préparation de la MB Race), Jean-Jacques (a-t-on utilisé le compresseur ?), Eric (ou devons nous dire caporal ?), Fixo (l’infatigable triathlète), Fred (il va falloir penser à changer la transmission), Christophe (qui supporte mal le bio), et moi-même (le genou a tenu !).

Laurent VARIN
JEANJACQUES.F
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Re: VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par JEANJACQUES.F »

Je savais que nous pouvions compté sur toi comme l'an dernier pour nous faire un super compte rendu.Entre les images et le texte tu as loupé une carrière de reporter :wink: :D (ou pas :!: comme dirait Eric, tu t'es peut être trouvé une vocation et de quoi arrondir les fins de mois difficiles :!: )
Je me permet quelques commentaires!!

Préambule :
Les dix participants inscrits sont motivés. Après nos repérages de traces, nous planifions trois sorties d’une cinquantaine de kilomètres (de 1500 à 2000 mètres de dénivelé positif chacune). Il est temps de préparer nos vélos, de nous mettre en condition physique et de peaufiner notre technique. Nous enchaînons les sorties clubs et extérieures. Nous faisons la révision de nos montures : changement de chaîne, de cassette, de pneus… et des plaquettes de frein (descentes périlleuses en perspective !). Fred a loupé une étape! ou plutôt 3: Chaîne, cassette et plateau :wink:

Préambule « personnel » :
Mardi 16 mai, catastrophe ! Je chute en VTT. Dérapage sur du sable dans la cour de récréation avec mes élèves. Superbe « soleil » ! Ma participation est remise en cause. J’espère un rétablissement rapide pour pouvoir participer avec mes copains. Bonne excuse pour un dopage en règle à la cortisone et donc des départs canons dans les montés avec son 26 pouces!!!]

Chapitre 1 : Mercredi 24 mai, le départ
Les vélos ont été déposés chez Dominique quelques jours avant, afin de les installer sur la remorque du club.
Le rendez-vous est donné chez Fixo. Le barbecue fume, les saucisses et le canard apportés par Jean-Jacques sont délicieusement préparés. Nous chargeons les voitures puis le départ est donné. Destination : Saint-Jean-La-Vêtre dans les Monts Forez (Auvergne).
Pascal, Clément et Christophe prennent place dans la voiture de Dominique. Jean-Jacques opte pour se faire conduire par Fixo. Eric, Jérôme et moi prenons place dans la voiture de Fred. Entre le matériel d’entretien des vélos et nos bagages, les coffres sont pleins.
Nous voici partis pour 5h de voyage.
Le voyage est agréable. L’ambiance dans les voitures est joviale. Nous observons les paysages avec des envies d’évasions en vtt : les plaines de la Beauce, les forêts de la Sologne, celles du Berry, le Bourbonnais qui nous indique que nous arrivons en Auvergne, le Puy-de-Dôme et son magnifique relief, Le Livradois puis enfin les Monts-Forez.

Nous voici arrivés au VVF. Dominique nous indique qu’il ne reste que 40km d’autonomie d’essence dans sa voiture… Qui poussera ? (pas moi…je suis en convalescence !).
Nous nous installons dans les deux appartements et plaçons nos VTT dans le local prévu à cet effet.
Nous prenons connaissance du programme du lendemain : une boucle de 70km vers le sud, avec passage dans la station de ski de Chalmazel et l’ascension de Pierre-Sur-Haute (1700m de dénivelé prévu).
Pour se préparer à cette journée sportive, il nous faut recharger les batteries. Clément nous a trouvé une petite auberge pour manger « tranquilles », typique du coin. Nous partons donc pour l’auberge « Le buron de la coudaire ». Les GPS des voitures s’affolent, nous font faire demi-tour, nous envoient vers des chemins de terre. Trouver l’auberge sur les crêtes des Monts-Forez, à 1100m, n’est pas si simple !
Enfin, nous arrivons chez Bernard et Marie. Un ancien corps de ferme face à un panorama magnifique. L’entrée dans le restaurant se fait par la cuisine ; Marie est aux fourneaux, Bernard nous accueille dans son logis.

Chapitre 2 : Chez Bernard et Marie Une expérience inoubliable!!]
Nous voici installés chez de purs auvergnats de soixante-dix ans sonnés. Vêtus de blouses blanches, nos hôtes sont très atypiques. Marie est très discrète et contre balance l’exubérance de Bernard. Ce dernier, cheveux blancs et attachés en chignon, longue barbe, teint pâle et mains tremblantes, a un contact plus que particulier avec ses clients. Cet homme bourru, au franc parlé, prosaïque, voire vulgaire, qui se donne l’air misogyne, un brin mythomane, qui menace de sortir le calibre 12 à tout bout de champs (gare à celui qui ne dit pas merci, ne finit pas son assiette ou son verre de vin). Il ne s’abstient pas, à travers ses histoires, ses interjections, à blesser la pudeur de celui qui en éprouverait. Il hèle, aboie sur Marie qui s’exécute sans broncher. Il nous chante pouilles autant qu’il chante comme une casserole lorsque Marie s’assoit à son piano désaccordé. L’ambiance est glauque dans cette écurie aménagée, décorée d’objets insolites, digne d’un film d’épouvante.
Le repas ? C’est vrai que nous sommes venus pour manger, mais on l’oublierait presque face à ces personnages ! Le repas est divin !
Charcuterie bio maison (« ce n’est pas du plastique, c’est du boyau de gendarmes ! »), pavé de veau bio (épais de 8cm), avec des patates au sabot (pomme de terre au four accompagné d’une succulente crème à l’échalote). Combien de bol de crème à ton actif Jean-Jacques ? 2 ou 3 ? Fallait bien remplir la 2ème patate!! Trop bonne!!
Nous attaquons ensuite le plateau de fromages … bio, bien entendu. Fourme d’Ambert et fourme de Montbrison, brique du Forez. Le plateau, sorti des entrailles de la cave, empli de ses arômes la salle. Jérôme se délecte de ses laitages bio et s’aperçoit ne plus avoir de papilles … en fait, il a dit quelque chose du genre : « P.... ça arrache la G… son bio ! »
Desserts variés préparés par Marie (tarte aux myrtilles notamment). Puis vient l’heure du café et du (des) digestif(s). Bernard sort de son coffre des bouteilles maison … et bio, dont le contenu, dit-il, nous aidera à gravir les cols : alcool de verveine, d’acacia, de poires... On s’attend à ce qu’il nous sorte la fameuse bouteille avec le crapaud dedans.
La conclusion de ce dîner … méfiez-vous du bio, ça peut laisser des traces !
Retour au VVF avec la consigne de se retrouver à 7h30 au petit-déjeuner. Le sommeil fut réparateur pour certains et mouvementé pour d’autres.

Chapitre 3 : jeudi 25 mai, La Pierre-Sur-Haute … mais elle est haute cette pierre !
Le petit-déjeuner englouti, nous préparons nos montures pour ce premier grand jour. Au programme, 70 km, 1800m de dénivelé, passage par Pierre-Sur-Haute et le col du Béal. Les sacs sont chargés de victuailles, les gourdes et poches à eau remplies: l’effort est prévisible, les points de ravitaillement sont rares.
Nous sortons du centre d’hébergement (884m) et commençons par une petite grimpette (25% de pente par endroits!!!) pour mettre en jambe et hop … 200m de dénivelé positif. Je suis l’auteur de la première chute, le vélo se cabre et je me retrouve sur les fesses. Nous grimpons à travers les pierres, les ruisseaux, les racines. Les franchissements ne sont pas aisés, mais nous passons le col des Placiaux (1153m) pour continuer dans la forêt jusqu’au Haut du Colombier (1227m). Nous plongeons alors dans la vallée où les bovins, très peu habitués aux passages, font la courses avec nous.
10h30, nous faisons une pause alimentaire. Seulement 12km de parcourus ! Des paysages et des parcours qui nous laissent impatients de découvrir la suite. La traversée des bois, des pâturages, des cours d’eau s’enchaînent ; toujours avec ces superbes panoramas.
Nous montons alors jusqu’au refuge de Chapouilloux (1355m) pour y faire notre pause déjeuner. Adossé au chalet d’alpage, nous mangeons nos salades composées. L’endroit est magique : nous nous trouvons à nouveau dans une carte postale. Bien que nous ne sommes pas dans le bon massif, nous nous attendons à voir surgir Heidi accompagnée de son grand-père !
Nous n’en sommes qu’au 25ème kilomètre de notre sortie. Il est temps de reprendre les vélos. Nous attaquons cette longue ascension dont Dominique nous parle depuis le matin. Mais il nous promet également une descente de 15km pour finir…
Nous passons les remontées mécaniques de la station de Chalmazel. Nous rencontrons quelques bergers en train de préparer les pâturages qui accueilleront prochainement les troupeaux. Les antennes militaires de Pierre-Sur-Haute nous font de l’œil, elles paraissent proches, mais semblent pourtant inaccessibles. Ça grimpe, encore, et encore. Les jambes brûlent. Nous passons des portions d’herbage où le mental est essentiel pour ne pas mettre pied à terre. Le sommet se rapproche, un pierrier, un ruisseau, un plateau, puis c’est la montée finale. 1631m, Pierre-Sur-Haute. Il est indispensable de manger un peu. Nous contournons les antennes avant de plonger vers le col de la Chamboite (1483m) puis le col du Béal (1387m). Nous poursuivons notre descente vers le VVF. Mais ce n’est pas si facile : de brèves portions montantes s’enchaînent. Parfois, nous sommes contraints de réaliser du portage. Nous rejoignons le col de la Loge (1252m). Un dernier « coup de cul », puis c’est la plongée finale vers le centre d’hébergement : passage de racines puis d’éboulis de roches. Certains se grisent et finissent de se brûler les cuisses :oops: dans cette portion très technique, d’autres sont plus prudents et jaugent le terrain avant de se lancer. A l’arrivée, nous sommes tous ravis de la performance réalisée pendant cette journée.
Ce qui est fabuleux dans ces VI, c’est la bienveillance de tous. Nous sommes à l’écoute de chacun. Quel plaisir de rouler en groupe, s’encourager, s’entraider et bien sûr s’amuser.
Nous prenons le temps de nettoyer les vélos, puis du temps pour nous détendre, autour d’un apéritif.
Clément, notre organisateur gastronomique, a réservé une table à l’Auberge du Trinquart, dans la ville de Vollore-Montagne. Les appétits sont gargantuesques. Les truites de l’élevage du village sont appétissantes.

Chapitre 4 : Vendredi 26 mai, sur les traces de la Bois Noirs Oxygène

Le réveil est difficile ce matin. Les jambes sont lourdes des efforts engagés la veille. Mais nous ne faiblissons pas, nous nous tenons au parcours de 45km et de 1350 m de dénivelé.
Nous reprenons par la montée de la veille jusqu’au col des Placiaux. La chaleur est étouffante, les muscles et l’organisme ne répondent pas aussi bien.
Fred perd son grand pignon ! La montée, jusqu’à Pierre-Sur-Haute, a eu raison de ses dents (les dents du pignon…pas celles de Fred). Il devra se contenter du braquet supérieur pour poursuivre la randonnée du jour et du lendemain! un véritable exploit à mes yeux étant donné le pourcentage, tu as toute mon admiration Fred :!: :!: :wink: Nous rejoignons alors le col de la Loge, déjà franchi lors de notre première sortie. Nous enchaînons alors les relances, les singles, les descentes, les « pétards ». Cette trace est très ludique mais également épuisante. Pascal fait preuve d’un énorme courage face à une fatigue qui le submerge. Nous décidons de nous arrêter pour manger. Mais où ? Nous devenons exigeants quand au choix du lieu du pique-nique: nous souhaitons retrouver une vue dégagée sur les Monts-Forez, et de l’ombre bien entendu. Nous finissons par nous installer près d’une maison en rénovation. Mais nous n’avions pas observé suffisamment les alentours ! Nous nous sommes posés à proximité d’une scierie. Raté pour la tranquillité propice à une sieste réparatrice.
Le départ est donné. La digestion va être rapide ! Nous nous sommes arrêtés au pied d’une ascension longue de 1,7 km et de 200m de dénivelé ! Heureusement la descente qui suit vient compenser.
Dans la descente du petit puy de Vérines, Eric, qui s’élance à faire rougir le onze dents, n’évite pas la roche qui se trouve sur sa trajectoire. C’est la pinçure et oui voilà le résultat quand un bombarde en descente sans tubeless! "Bip Bip le coyotte" :!: Le pneu arrière est à plat. L’arrêt est nécessaire pour la réparation.
Cette pause permet à Jérôme de réaliser une assistance mécanique sur le vélo de Pascal, qui, à son goût talonne de l’arrière. Jérôme nous montre ses talents de bricoleur ! Impossible de regonfler le pneu, qui de toute façon est à plat. La valve a cédé. Le passage du tubeless à la chambre est nécessaire pour que Pascal puisse poursuivre. Celà nous a permis de nous reposer car les descentes étaient aussi fatiguantes que les montés, avec des pointes à plus de 50 sur certaines d'entre elles, merci donc Eric et Jérôme....
Nous reprenons nos virolets jusqu’à atteindre le fond de la vallée de Noirétable (662m), synonyme de raidards à suivre pour rejoindre les 880m d’altitude du centre d’hébergement.
Après l’entretien des vélos, nous profitons d’une pause détente aux spa, hammam et piscine suivie d’un apéritif.
Notre organisateur gastronomique en chef, Clément, a réservé une table à l’auberge du col du Béal. Le menu local est surprenant : Jambon au foin. Ce jambon est entouré de foin puis enfermé dans une pâte à pain avant d’être cuit au feu de bois. Quel délice ! Sans oublié les pommes de terres à la crème une turie :!:

Chapitre 5 : Samedi 27 mai, 9 cols ! Vous avez dit 9 cols !
Eric débute sa randonnée par une nouvelle réparation du pneu arrière. Quant à moi, je « gave » mon boitier de pédalier de dégrippant, il a des signes de faiblesse ! Et, Fred a définitivement perdu des dents !
Le départ est donné pour cette trace appelée le passage des 9 cols. La météo est encore une fois au beau fixe, il fait déjà chaud, nous remplissons nos bosses de chameaux à leur maximum.
Nous passons de nouveaux le col des Placiaux (1153m) et le Col des Sapeaux (1164m). Nous réalisons une descente rapide et grisante vers le col de Courbaret (1049m), puis le col de la croix des quatre jambes (1001m). Nous faisons une pause au lieu dit du Vernay (810m) en fond de vallée, où le paysage est à couper le souffle. Nous attaquons alors un mur qui nous mène au col du Las (987m). Nous nous amusons autour du puy de l’Essart, avant de passer le col de la Grande Roue (944m). Nous atteignons de nouveau le fond de la vallée et rejoignons le col du Las où nous ferons notre pause déjeuner. Les critères restent les mêmes : paysages magnifiques, ombre, herbe confortable. Le site choisi, par Jean-Jacques non non il faut rendre à César sa salade, c'est Fixo qui a trouvé cet endroit magnifique et calme :! , répond à ceux-ci. Nous déjeunons face aux antennes de Pierre-Sur-Haute que nous avions gravies le premier jour.
Nous passons à nouveau au col de Courbaret et franchissons les courbes de niveau affichées par nos GPS pour atteindre, à travers les forêts, le col de la Croix Ladret (1046m), le col des Sapeaux, et enfin, tout en mordant le guidon, le col de la Loge (1252m).
Nous connaissons la descente qui s’annonce : technique dans les racines et les rochers jusqu’à l’arrivée au centre. Chacun y va à sa façon : le bon de sortie est donné, la descente est vite avalée. Personnellement, je compte plutôt les pavés, pour ne pas dire les rochers ! On a même fait du rabe à la fin tellement c'était bon :!: on s'est rajouté une descente et un single montant découvert la veille :!:
Nous arrivons tous à destination sans aucune casse matériel ni physique.
Faisons le compte, 9 cols ? Oui, ils sont tous là. Nous aurons parcouru un peu plus de 45km et monté 1300m.
Clément, on a faim ! Qu’as-tu prévu pour ce soir ? L’auberge de la vallée verte à Saint-Jean-La-Vêtre ? Allons-y !
Entre les aboiements de « Puzzle », les essais de la mobylette Peugeot 104 par les gamins du village, le match de rugby que le poste radio du cuisinier hurle, nous partageons quelques pizzas en entrées. Enigme mathématique : Comment partager 3 pizzas, entre 10 convives, n’ayant pas les mêmes goûts ? …
De succulents burgers nous sont servis (au fromage local bien évidemment). Dominique ne pourra finir le sien et envisagera même un retour à pied pour aider à la digestion. Ce repas sera aussi l’occasion de réfléchir au VI de l’année prochaine. Le jeudi de l’ascension est le 10 mai, le mardi 8 est férié, Limoges ? La Loire ???

Chapitre 6 : le retour des speedeures
Déjà dimanche ! Il est temps de penser au retour.
Les sacs sont bouclés, les appartements nettoyés, les vélos installés sur la remorque, le petit déjeuner avalé. Ne tardons pas trop, 5 heures de route … mais nous ne serons pas les seuls !

Epilogue
Je crois que je peux parler au nom de tous et dire que ce fut un plaisir de participer à ce VI.
C’est un moment où nous partageons des valeurs humaines telles que :
- la sincérité, la générosité et l’empathie,
- la simplicité, l’altruisme, la camaraderie et la bienveillance,
- l’encouragement, la détermination, l’accomplissement, la performance et la reconnaissance,
- le plaisir et la satisfaction.
Chaque participant a eu sa part dans la réussite de ce voyage itinérant.
Nous tenons à remercier plus particulièrement Dominique pour son dévouement, son sens de l’organisation et son enthousiasme. Il est à l’origine de la réussite de ce VI.
Bravo à tous, Clément notre sélectionneur de restaurants (arrivé devant moi au col de la Loge !), Pascal le courageux bizut, Jérôme (en pleine préparation de la MB Race), Jean-Jacques (a-t-on utilisé le compresseur ? Ben non comme d'hab), Eric (ou devons nous dire caporal ?), Fixo (l’infatigable triathlète), Fred (il va falloir penser à changer la transmission), Christophe (qui supporte mal le bio), et moi-même (le genou a tenu !).
Super épilogue d'accord avec tout :!: rien à rajouter!! si ce n'est un grand merci au grand reporter que tu es
Pascal.V
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Re: VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par Pascal.V »

Merci Laurent pour ce magnifique compte rendu.
A bientôt....
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Dominique
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Re: VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par Dominique »

Excellent compte rendu, gravé dans le marbre pour tous les participants. Merci Laurent :D
A+
Dominique.
FredM
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Re: VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par FredM »

Bonjour à tous,
L'honnêteté intellectuelle et le respect de la rigueur des faits m'imposent de ne plus passer sous silence certains détails, pudiquement omis par Laurent et Jean-Jacques, mais qui font que le VI du Haut FOREZ restera unique: en effet, notre petit groupe a été victime d'étranges phénomènes dès le premier soir, je veux parler de renvois gastriques et flatulences, à très grande échelle. Pour certains, les fonds de leurs cuissards s'en souviennent. :mrgreen:
Effet de l'altitude ? Régime hypocalorique ? Carences alimentaires ? Intolérance au bio Auvergnat ? Que nenni ! Juste la stricte application d'une des nombreuses maximes fièrement affichées chez Bernard et Marie : "Qui rote et pète vit mieux et meurt vieux" ! Disciplinés comme nous le sommes, nous avons donc passés l'ensemble du séjour à roter et à péter, ignorant que nous mettions la planète en danger: au rythme des VI et de notre méthanisation nous ne tiendrons pas les objectifs de réduction de gaz à effets de serre (certains esprits chagrins accuseront injustement Donald TRUMP !).
Voila, la vérité est dite !
Amicalement.

Fred
Pascal.V
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Re: VI 2017 - Compte-rendu du VI Monts-Forez

Message par Pascal.V »

Cela explique pourquoi certains ont grimpé si vite....... :wink:
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